Le commissaire de police Carl Fairbanks, un ami intime d'Andrews, a déclaré que l'enquête était la priorité de son département. Catalogue Il apparaît ainsi fréquemment comme une autorité bienveillante et légitime, un petit notable de quartier respecté par des administrés qui reconnaissent son action protectrice et pacificatrice, un conciliateur, naturel et coutumier, capable d’apaiser les tensions ordinaires, les différends familiaux et les conflits de voisinage. 16 Clive Emsley, « The french police : ubiquitous and faceless », French History, 1989, p. 222-227. En 1828 encore, une réunion de propriétaires parisiens hésite à accueillir un bureau de police dans l’immeuble en raison du bruit, mais aussi de la saleté réputée du lieu31. Portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales. Aux yeux de la plupart des Français, le commissaire s’identifiait donc à une figure de magistrat municipal, bien ancré dans son quartier. La situation était différente à Paris où venait d’être créée la préfecture de police : les quarante-huit commissaires de la capitale étaient placés sous l’autorité du nouveau préfet de police. Le romancier avait cependant dû batailler ferme pour convaincre l’éditeur Arthème Fayard, qui trouvait ce commissaire un peu terne. À Paris, vers 18oo, les commissaires de quartier et leurs bureaux sont logés dans des appartements d’immeubles d’habitation, loués par eux-mêmes ou par la préfecture, ce qui ne va pas sans mal car les voisins du « commissariat » se plaignent du bruit provoqué par les visites incessantes des habitants du quartier de jour comme de nuit30. De la bande à Bonnot à l’affaire Stavisky, Paris, Éditions des Équateurs, 2005. La dernière création impériale eut en revanche une vie plus longue. Ces derniers peuvent bien sûr avoir le grade de commissaire, mais ne le mentionnent jamais : ils sont « chefs de la Sûreté », voilà tout. 7C’est pourtant l’indifférence qui a longtemps prévalu. À Paris, le préfet Debelleyme créa en 1829 deux postes de commissaire aux délégations judiciaires, plus spécifiquement chargés des relations avec l’autorité judiciaire. Cinq temps ponctuent ce livre. Kalifa, D., & Karila-Cohen, P. Le personnage n’échappe ainsi pas, comme tous ceux qui assument des fonctions, officielles ou non, au sein de cette institution, aux attaques récurrentes livrées contre la police tout au long de ce siècle. ». L'homme de l'entre-deux. Il y brille évidemment par son cynisme et son incurie. Des présumés bandits armés non identifiés ont attaqué cet après midi, le Commissaire principal de la police nationale d’Haïti de Marchand Dessalinnes, Dufresne René. Le célèbre brouteur ''Commissaire 5500 arrêté, voici les raisons Découvrez les bonnes réponses, synonymes et autres mots utiles Le commissaire demeure bien l’un de ces inconnus de la police « omniprésente mais sans visage » qu’évoque Clive Emsley en 198916. Pendant la première moitié du xixe siècle, la police a étendu la portée de l’État centralisé dans le paysage urbain français alors en pleine croissance. Vérifiez si votre institution a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books. L’État moderne a grandi et évolué en même temps que la police. 27 L’œuvre policière de Maurice Leblanc (la série des Arsène Lupin) est publiée par Pierre Lafitte à compter de 1905 ; Georges Courteline et Jules Lévy, Le Commissaire est bon enfant, comédie en un acte, Paris, Flammarion, 1900. 21Il s’agit donc de faire retour ici sur l’observateur et d’essayer de mieux connaître cette figure sociale si profondément agissante dans le siècle, un siècle très largement taillé qui court des débuts de la Révolution à la Grande Guerre et que la dernière étude de ce volume élargit aux commissaires contemporains. Le célèbre commissaire de police Nicolas Le Floch revient pour une sixième et dernière saison. 4 Le célèbre Traité de la police du commissaire Delamare est publié en 1705 ; le Mémoire sur la police de Paris du commissaire Lemaire date de 1770. cit., p. 77-90 et 164-168. 19 Louis Guyon, Biographie des commissaires de police, suivie d’un essai sur l’art de conspirer, Paris, Goullet, 1826. Ex : "pianiste = un pianiste ou une pianiste" (fonctionnaire de police) comisario, comisaria nm, nf nombre masculino, nombre femenino: Sustantivo que varía en género.Se usa el artículo masculino (el, un) o femenino (la, una) según el caso. Commissaires de police : instructions (1870-1924), circulaire n° 703 de la direction de la Sûreté générale aux préfets, le 28 novembre 1886. Épisode 1 Le cadavre anglais (1/2) Un mystérieux prisonnier meurt en tentant de s’évader de la prison de Fort-L’Êvèque. 9Certaines appréciations spécifiques, et plus favorables, caractérisent certes sa fonction. Le commissaire de police représente de ce point de vue une exception, situation qu’il vit mal dès le début du siècle, car il n’aimerait relever que de l’État, et qu’il n’aura de cesse de dénoncer jusqu’à l’étatisation complète des polices municipales réalisée par Vichy en 194134. La Troisième République transforme ensuite cet examen en concours et veille également à la formation théorique et pratique des futurs commissaires38. 28 Par exemple Jules Belin, Trente Ans de Sûreté nationale, Paris, France-Soir Éditions, 1950. Adresse : 212, rue Saint-Jacques 75005 Paris France. CodyCross Solution pour CÉLÈBRE COMMISSAIRE FRANÇAIS FUMEUR DE PIPE de mots fléchés et mots croisés. À force enfin d’être l’agent de diffusion dans les classes populaires urbaines de nouvelles normes municipales et étatiques qui se substituent, non sans mal, aux habitudes et aux règles antérieures, le commissaire finit par se confondre avec ce rôle instrumental. 19 December 2020 . Il est intéressant de relever qu’un autre agent indissociablement mêlé à la vie du peuple urbain au xixe siècle, le sergent de ville, qui prend à partir de 1871 à Paris le nom de gardien de la paix, a longtemps subi le même sort. Figure et rouage essentiels du dispositif policier, le commissaire est donc concerné au premier chef par le profond discrédit qui touche l’institution. La Révolution bouleversa évidemment la donne, mais la fonction resurgit assez rapidement. Décès d'un célèbre commissaire de police. Mais c’est bien sûr aux lendemains du coup d’État de brumaire, avec la loi de pluviôse an VIII, que prend véritablement forme la figure du commissaire contemporain. C’était en collaboration avec les forces de sécurité dont commissariat de police de 14è arrondissements, 5è arrondissement et la gendarmerie de la commune de Dogodouman. Mais cette interface se révèle être surtout très souvent une zone de frictions plus ou moins sérieuses. La différence entre le public et le privé ne semble donc toujours pas acquise si tardivement dans le siècle : on a là un élément de confusion qui vient s’ajouter à la pluralité des statuts et à l’indécision des lieux. 29 Cité par Laurent Joly dans sa préface à Marcel Guillaume, Mes grandes affaires criminelles. Le commissaire de police, nommé, déplacé, promu par l’État, mais payé par le conseil municipal, qui désigne par ailleurs les agents subalternes qu’il dirige, constitue, selon les moments et les contextes locaux, un heureux trait d’union ou un monstre administratif, écartelé entre des sphères antagonistes de pouvoir. Le décret du 25 mars 1811, qui réorganisa toute la police d’un Empire à l’apogée de son extension territoriale, institua en outre une trentaine de commissaires spéciaux dans les ports, les villes frontières et quelques villes moyennes, notamment dans les départements étrangers. – Et moi, une boutique à la foire. Avec plus de drôlerie, l’auteur de l’article « Commissaire » des Français peints par eux-mêmes, l’une des rares représentations extraprofessionnelles favorables en ce siècle, s’amuse de la multiplicité des tâches qui submergent le commissaire à un rythme effréné : « – On m’a changé mon manteau. ), Serviteurs de l’État. 7 Sylvain Rappaport, La Chaîne des forçats, 1792-1836, Paris, Aubier, 2005, p. 77. Les commissaires généraux du Premier Empire et des débuts de la seconde Restauration, rivaux des préfets, correspondants directs du ministre de la Police, menant volontiers des missions politiques, sont des personnages éminents difficilement comparables aux simples commissaires municipaux. Encyclopédie morale du xixe siècle, éditée par Léon Curmer (1840-1842), Paris, Omnibus, 2004, t. 2, p. 518. – On m’a jeté quelque chose par la fenêtre. Transposés en littérature, ils sont donc toujours quelque peu ridicules, comme les commissaires Ganimard, Folenfant ou Béchoux qui peuplent l’œuvre de Maurice Leblanc, parfois bêtes et méchants à l’image du commissaire « bon enfant » de Courteline, dont le succès est immense au début des années 190027. La dernière modification de cette page a été faite le 10 février 2021 à 10:37. Policiers en uniforme et modes d’appropriation de la rue (1854-1880) », communication au colloque Parcourir, gérer et vivre la rue, Centre d’histoire sociale du xxe siècle (Paris I), 17 juin 2003, actes à paraître, ainsi que Les Policiers en tenue dans l’espace parisien (1854-1913) : la construction d’un ordre public, thèse d’histoire, université Paris 1, 2006. Jean Tulard consacre ainsi au recrutement et à l’activité des commissaires parisiens de la Révolution à la fin de la Restauration de très intéressantes pages de son ouvrage sur l’administration parisienne au début du xixe siècle12. Avec l’institution des commissaires cantonaux, réforme certes imparfaite et inachevée, les habitants des communes moins importantes furent également en contact, pour un temps, avec eux. Népotisme, clientélisme, attention parfois exclusive à l’orthodoxie politique du candidat conduisent une longue partie du siècle à une réelle médiocrité du corps. Cette image noire, surdéterminée par les usages politiques de la fonction, traverse sans efforts les régimes politiques et s’impose durant la plus grande partie du siècle. Interprété par Patrick D’Assumçao dans Paris Police 1900, Louis Puybaraud a réellement marqué la Belle Epoque grâce à sa double casquette de commissaire/espion. – On m’a pris ma canne. 19Le commissaire du xixe siècle, à cet égard, se situe dans la droite ligne de celui du xviiie décrit par Arlette Farge, constamment sollicité pour régler les incidents et les drames du quotidien. ), Réflexions sur les sources écrites de la « biographie politique ». – Camarades ; attention ! De Maigret à Navarro ou à Julie Lescaut, le personnage s’est en effet imposé comme « la figure nationale qui incarne le mythe de la police française1 », voire comme l’un des points de ralliement de notre imaginaire social. Seul le commissaire qui, dans La Cousine Bette, procède à un constat d’adultère bénéfice d’un regard un peu plus appuyé, plus favorable également. Bulding the French State, 1815-1851, Oxford, Oxford University Press, 2006, p. 34. « Ce sont de petits proconsuls dans leurs arrondissements, de vrais potentats bien rétribués par le gouvernement, gorgés d’indemnités et de cadeaux de ceux qui redoutent leur surveillance », écrit Guyon dans sa célèbre Biographie des commissaires de police en 182619. Pas de jeton connu. Les Mémoires policiers, 1750-1850. commissaire: citations sur commissaire parmi une collection de 100.000 citations. Dans une première partie, « Profils », trois études dessinent, pour la première fois en ce qui concerne la Révolution et le premier xixe siècle, les contours sociaux et culturels de groupes de commissaires de police saisis en des moments et surtout des lieux très différents : dans la capitale secouée par les révolutions et les changements de régime entre 1789 et 1816 (Vincent Denis), loin de Paris, dans les départements du Sud-Ouest entre le Consulat et la Troisième République (Jean-Paul Jourdan), à Lyon entre 1800 et 1880, où les commissaires de police apparaissent comme des « passeurs de normes » (Alexandre Nugues-Bourchat). Il y a pire en effet pour le commissaire de police que ces représentations désastreuses : c’est l’ennui qui émane de lui, ennui profond qui explique le manque d’intérêt des contemporains pour sa personne. Il n’est plus dès lors qu’un outil. L’enquête historique se heurte toutefois, concernant le xixe siècle, à un problème spécifique : l’empire des représentations très noires laissées par les contemporains. Et l’on n’évoque encore là que les commissaires de police. Le commissaire, au vrai, n’est jamais un investigateur ni un acteur légitime de l’enquête judiciaire. Une histoire politique de l’administration française (1875-1945), Paris, La Découverte, 2000, p. 313-323. Il faut attendre les années 1970 pour que des historiens, d’horizons très différents, commencent à se pencher sur ces divers aspects. 12 Jean Tulard, Paris et son administration (1800-1830), Paris, Commission des travaux historiques, 1976. Retour sur un mythe », dans Vincent Duclert et Marc-Olivier Baruch (dir. Commissaires généraux et spéciaux devaient assurer des missions de police générale, de la surveillance des passeports à la poursuite des déserteurs, tâches qui comprenaient un important volet politique d’attention à l’« esprit public ». L’absence de stabilité du commissariat, ou tout au moins l’indétermination d’un lieu plus strictement séparé des habitations privées est prolongée, aggravée pourrait-on dire, tout au long du siècle, par le nomadisme de la correspondance et des registres. 16De la même manière, le commissariat ne constitue pas dans les premières décennies du siècle un bâtiment officiel fixe et séparé des autres habitations. Dès lors, il fit des titulaires de ces fonctions des personnages importants de l’administration et des figures présentes dans la vie quotidienne des Français, du moins de ceux, de plus en plus nombreux, qui vivaient dans des villes de plus de 5000 habitants. 2 Vincent Milliot, « Le métier du commissaire : bon juge et "mauvais policier” ? Le problème du commissaire de police du xixe siècle réside bien là : il consiste sans doute moins à être critiqué que sous-représenté et à apparaître, le plus souvent, comme une figure terne, grisâtre, un pesant bureaucrate perdu sous une montagne de paperasse inutile. Cette publication numérique est issue d’un traitement automatique par reconnaissance optique de caractères. Vous le trouverez dans une ou plusieurs des lignes ci-dessous. Alors qu’ils constituent l’un des rouages principaux de l’État et assurent une fonction sociale décisive, ceux du xixe siècle, en particulier, n’ont que très peu suscité l’intérêt. 22 Cette question a été partiellement abordée par plusieurs travaux universitaires : Francisca Boisson, Le Policier dans le roman français au xixe siècle. L’homme de l’entre-deux : L’identité brouillée du commissaire de police au, Kalifa, Dominique, et Pierre Karila-Cohen. À partir de la loi du 28 pluviôse an VIII, 17 février 1800, toutes les communes de plus de 5 000 habitants sont tenues d'avoir leur commissaire de police. 15Si le commissaire de police du xixe siècle est difficilement saisissable, c’est sans doute d’abord parce qu’il en existe plusieurs types tout au long du siècle. DELAMARRE ou DELAMARE Nicolas (auteur du célèbre traité de police) doyen en 1723, commissaire du quartier du Cité. GALLYOT Pierre, doyen de 1726 à 1737, commissaire du quartier du Temple. 1, n° 2, 1987, p. 257-282 ; Jean-Marc Berlière, L’Institution policière sous la IIIe République, thèse d’histoire, université de Bourgogne, 1990 ; Marie Vogel, Les Polices des villes entre le local et le national : l’administration des polices urbaines sous la IIIe République, thèse de sciences politiques, IEP de Grenoble, 1993 ; Cyril Cartayrade, Commissaires et commissariats de police du Puy-de-Dôme, 1832-1908, maîtrise d’histoire, université Blaise-Pascal (Clermont-Ferrand), 1994 ; Édouard Ébel, Police et société. Les faits divers dans la presse française des débuts de la IIIe République à la Grande Guerre, Paris, Seli Arslan, 2004, p. 56). C’est un de ces champignons vénéneux poussés sur notre fumier politique. ». Kalifa, Dominique, et Pierre Karila-Cohen, ed. Un commissaire titulaire débutant touche aux alentours de 2 100 euros nets par mois, avec des primes annuelles en sus. 4Les diverses modifications qui survinrent après cette date précisèrent ou rendirent le tableau plus complexe sans en altérer l’organisation. Amateur d’ovalie, le nouveau commissaire de Fréjus veut que la police tourne rond Par Lionel Paoli lpaoli@nicematin.fr Le 24/01 à 07h00 MàJ 24/01 à 08h14 15 Voir notamment : Jean-François Tanguy, Le Maintien de l’ordre public en Ille-et-Vilaine sous la IIIe République (1870-1914), thèse d’histoire, université Rennes 2, 1987, 3 vol. Cette situation de tension n’est pas forcément la règle, mais elle paraît fréquente tout au long du siècle. Lorsque la solution jaillit enfin dans son cerveau, il ne peut s'empêcher de s'écrier : … Administrativement, leur statut était très complexe puisque ces « hommes du gouvernement », nommés et promus par le pouvoir central, étaient payés par les municipalités (sur les recettes de l’octroi) et dépendaient du parquet pour les questions judiciaires. 8Comme pour leurs devanciers du xviiie et leurs héritiers des xxe et xxie siècles, le recrutement, les origines sociales, les pratiques professionnelles des commissaires de police du xixe siècle constituent de vastes champs de recherche. Sa position institutionnelle, ses compétences, son rapport à la politique, ses revenus, ses fréquentations sociales, son rôle essentiel de « passeur » entre plusieurs mondes sociaux, tout fait de lui l’homme de l’entre-deux, situation qui se transformera plus tard en atout mais qui, tout pesé, renvoie au xixe siècle davantage à la médiocrité qu’à la médiation. Voir également la catégorie Détectives de fiction. - Il s'est fait coincer par la tapette géante ! Les mémoires de policiers qui se multiplient alors26 ne disent pas autre chose. Le 7 décembre 2008 à 17h38. ; Clive Emsley, « Policing the streets of early nineteenth-century Paris », French History, vol. 5Mais le principal train de modification fut l’œuvre du Second Empire. – Mon mari s’est pendu ! Les Grands Siècles (Versailles) Osenat 78000 Versailles (FR). ), L’Enquête judiciaire en Europe au xixe siècle, Paris, Créaphis, 2007, p. 241-253. 25 Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo (1844-1845), Paris, Les Éditions du livre de Paris, 1973, P. 69. coupé-décalé est à nouveau aux mains de la police apprend t-on ce jour des sources sécuritaires. Marchand Dessalines, lundi 8 juillet 2019.- Le Commissaire Principal de police de Marchand Dessalines, Dusfresne René, … 26 Dominique Kalifa, « Les mémoires de policiers : l’émergence d’un genre ? ; KARILA-COHEN, Pierre (dir.). On a donc là un personnage que ni l’histoire administrative ni l’histoire sociale du xixe siècle ne sauraient négliger. Les commissaires de police parisiens, de la chute de la monarchie à la Restauration Vincent Denis . À s’occuper de crimes et de saleté, il ne peut être qu’éclaboussé par la boue qui l’environne. Balzac, à qui l’on doit en France l’invention romanesque du personnage (sous les traits de Vautrin, de Bibi-Lupin, alias Gondureau, chef de la Sûreté, du « fameux Corentin, le bras droit de Fouché », de son acolyte Peyrade ou de l’espion subalterne Cotenson, sans compter la nuée de mouches qui traversent son œuvre), n’eut guère d’intérêt pour la figure du commissaire. L’administration l’a choisi parmi les sous-officiers, buveurs d’absinthe, coureurs de filles, carottiers, ivrognes, que leurs habitudes empêchent, leur temps fini, de rentrer honorablement dans la vie sociale pour vivre de leur travail. C’est chez lui que l’on va chercher assistance et secours, comme durant l’hiver 1829, chez lui aussi que l’on emmène une femme prête à accoucher. Suivent au début des années 1920 deux thèses de droit qui retracent l’évolution des prérogatives du commissaire et de sa place au sein des pouvoirs publics11. La charge remontait au xiiie siècle, mais trouva sa pleine mesure avec la création de la Lieutenance générale de police en 1667, qui en augmenta le nombre (de vingt à quarante-huit), les confirma dans leurs fonctions de magistrats de quartier, mais les chargea aussi de missions plus strictement « policières » en termes d’enquêtes, de maintien et de gestion de l’ordre public. KALIFA, Dominique ; KARILA-COHEN, Pierre. Le célèbre policier né sous la plume de l'écrivain dans les années 1930 aurait un véritable ancêtre dans la police, à Paris, au XIXème siècle. 17Même si l’on se concentre sur le seul commissaire municipal, l’indétermination reste grande. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre. 6La dernière innovation de la période intervint sous la Troisième République avec la création par Clemenceau, en décembre 1907, des fameuses Brigades mobiles régionales de police judiciaire9. C - 13013 Marseille FranceVous pouvez également nous indiquer à l'aide du formulaire suivant les coordonnées de votre institution ou de votre bibliothèque afin que nous les contactions pour leur suggérer l’achat de ce livre. En 1759 parut ainsi, sur la demande de la Compagnie des commissaires, un Traité des fonctions, droits et privilèges des commissaires au Châtelet5. Un regain d’intérêt est sensible à compter de ce moment15, en lien avec le renouveau des travaux sur la police contemporaine, mais il ne débouche cependant sur aucune perspective historique d’ensemble sur la fonction. Pour les communes de Marseille, de Lyon et de Bordeaux, il fut institué un emploi de " commissaire général " et il fut envisagé de créer de tels emplois pour les villes de plus de 100 000 habitants. Le tableau peut certes être nuancé. de P.A. Se pose dès lors la question des compétences. », dans Crime et culture au xixe siècle, Paris, Perrin, 2005, p. 67-102. De Maigret à Navarro ou à Julie Lescaut, le personnage s’est en effet imposé comme « la figure nationale qui incarne le mythe de la police française1 », voire comme l’un des points de ralliement de notre imaginaire social. 35 Note sur les commissaires de police de la Ville de Paris, 1830, p. 2. Mais ces images traditionnelles se doublent rapidement de représentations moins favorables, adossées aux représentations générales de l’institution pendant la majeure partie du siècle. À compter de la loi du 19 vendémiaire an IV, les municipalités de plus de 5 000 habitants eurent obligation de recruter un commissaire de police : elles présentaient les candidats, mais ceux-ci étaient nommés par un Bureau central qui relevait de l’administration départementale. - Écoutez Kara, Monsieur n'est pas une tapette, Monsieur est commissaire de police ! L’outil silencieux des mutations comportementales les plus profondes du siècle puisque, à l’instar du gendarme, il est l’un de ceux par lesquels le processus de civilisation des mœurs mis en évidence par Norbert Elias s’opère ou continue de s’opérer : si l’on ne se contente pas d’un discours abstrait sur la maîtrise progressive des pulsions, l’autocontrainte de la violence, l’intériorisation des normes au xixe siècle, l’activité quotidienne des commissaires de police réapparaît alors dans toute son importance séculaire39. 10La charge est sévère mais elle a le mérite, très involontaire, de prêter au personnage une odeur forte, fût-elle celle du fumier, des traits saillants, fussent-ils déformés par la haine, bref des contours, un caractère, quelque chose, pour tout dire, de saisissable. Ceux qui bénéficient du statut légitimant d’enquêteur (comme Claude, Macé, Goron, Jaume, Rossignol) appartiennent toujours au service de la Sûreté, où ils sont agents, inspecteurs ou bien sûr chefs. Les commissaires eux-mêmes, dont certains comme Delamare ou Lemaire accédèrent par leurs écrits à une certaine notoriété4, s’efforcèrent d’affirmer la singularité et les prérogatives de leur charge. Le salaire du commissaire. Il y a là ce qui nous paraît être une forme de malentendu à l’égard d’une figure sociale qui, bien au contraire, concentre en elle non seulement les aspirations, les désirs, les angoisses et les contradictions du siècle, mais embrasse aussi des milliers de vies sans postérité broyées par l’oubli : celles des individus qui ont affaire à lui, soit dans la rue, que le commissaire est loin d’abandonner aux seuls agents subalternes, soit dans son bureau, où il reçoit des doléances qui s’entassent et qui constituent le procès-verbal de l’existence des citadins du xixe siècle, ou mieux leurs annales, dans le sens romain du relevé sommaire et successif des faits advenus.